Discours prononcé par Bhagavān Sri Sathya Sai Baba le 6 mai 2008 dans le Sai Kulwant Hall à Prasānthi Nilayam à l’occasion de :
Easwaramma day
Venkataraman vous a parlé de sa fonction actuelle de manière appropriée. C’est un homme très érudit qui a travaillé au Centre de Recherche Atomique Bhabha, à Mumbay. Il a mené des recherches dans un domaine scientifique qu’avait déjà exploré Sir C.V. Raman. Il a obtenu de nombreuses distinctions.
À présent que puis-je dire au sujet de la mère de ce corps ? À vrai dire, l’homme est pourvu de trois corps : physique, mental et spirituel. Vous n’êtes donc pas une personne mais trois : celle que vous pensez être, c’est-à-dire le corps, celle que d’autres pensent que vous êtes, c’est-à-dire le mental, celle que vous êtes réellement, c’est-à-dire l’ātman (l’Esprit). Mais votre vraie forme est l’ātman, pas le corps ni le mental.
Dans les circonstances qui prévalent aujourd’hui, très peu de personnes respectent leur mère. Votre mère vous a porté neuf mois dans son ventre et vous a donné naissance après avoir enduré beaucoup de difficultés et de privations. Oublier cette mère équivaut à oublier Dieu, ce qui revient à vous oublier vous-même. La mère est votre premier professeur. C’est votre mère qui vous entretient et vous nourrit. C’est sur les genoux de votre mère que vous grandissez et expérimentez toutes les formes du bonheur. Personne ne devrait oublier l’amour qu’il reçoit de sa mère. Votre mère mérite votre plus grand respect.
Après la mort de sa mère, bien qu’étant renonçant, Shankarācārya accomplit les derniers rites. Beaucoup de personnes le critiquèrent disant qu’il avait commis un acte inconvenant pour un éminent érudit. La connaissance des Écritures n’est pas importante, c’est le raffinement culturel qui a une grande valeur. La culture est ce qui amène le raffinement. Shankarācārya leur dit : « Ma mère ne m’a pas quitté et je ne vais pas quitter ma mère. Ma mère et moi sommes un à jamais. Les corps sont différents, mais le principe de l’ātman est le même en elle et en moi. » Shankarācārya incinéra le corps de sa mère dans l’arrière-cour de sa maison. Aujourd’hui encore, les gens du Kerala incinèrent leurs morts dans l’arrière-cour de la maison, car ils ont le sentiment que si une personne aussi noble que Shankarācārya l’a fait, eux aussi peuvent faire de même.
Il se peut que votre mère ne soit pas avec vous physiquement, mais votre amour pour elle devrait rester le même. En mai 1972, les Cours d’été sur
Tant qu’il y a vie dans le corps, nous devons en prendre soin. Quand la vie quitte le corps, il n’a plus aucune valeur. À dire vrai, qui est la mère ? C’est le principe de vie qui est la mère, pas le corps. Le corps est comme une bulle d’eau, le mental est comme un singe fou. Pourquoi devrions-nous conserver le corps ? J’ai immédiatement fait venir une voiture pour emmener son corps à Puttaparthi. Je suis resté à Brindavan.
Les Cours d’été étaient suivis non seulement par les étudiants de notre Collège, mais aussi par des étudiants venus des différents Collèges de toute l’Inde. Ils pensaient tous que Swāmi ne viendrait pas dans la classe ce jour-là. Mais à 9 h 00 précises, Je suis entré dans la classe en souriant. Surpris de Me voir, les étudiants se disaient : « Comment ? La mère de Swāmi est morte et Il vient en classe ! »
La mère n’est allée nulle part. Le corps auquel on s’adressait comme étant la mère s’en était allé. Mais
À l’époque, V.K. Gokak, le Vice-chancelier, était là également. Lui aussi était surpris et pensait : « Comment se fait-il que Swāmi parle ainsi ? » Après tout, qu’en est-il de ce corps ? Il existe pour autant que les cinq éléments soient en lui. Le corps est comme un sac qui contient les cinq éléments. Quand les cinq éléments quittent le corps, celui-ci n’est plus qu’un sac vide.
« Le corps est constitué des cinq éléments et tôt ou tard il doit mourir, mais le Résident intérieur n’a ni naissance ni mort, Il n’a pas d’attachement, et Il est l’éternel Témoin. En vérité, le Résident intérieur est Dieu Lui-même sous forme de l’ātman. »
(Poème telugu)
Nous devrions attacher de l’importance au Résident intérieur (dehi), et non au corps physique (deha). Tout le monde oublie le corps quand il s’endort. Si vous pouvez l’oublier quand vous dormez, pourquoi ne pourriez-vous l’oublier définitivement ? On ne devrait donc pas s’attacher au corps outre mesure. Toutes les mères et tous les enfants devraient développer ces sentiments de détachement.
Tant que la mère est en vie, nous devrions la respecter, l’aimer et la rendre heureuse de toutes les manières possibles. Il n’y a pas lieu d’être triste quand elle quitte le corps. Même ici à Puttaparthi les gens disaient : « Comment ? Swāmi a envoyé le corps d’Easwaramma, et Lui-même n’est pas venu ? » Pourquoi aurais-Je dû accompagner le corps ? Le corps n’est qu’un vêtement. Il est comme un sac de peau. Quand les cinq éléments quittent le corps, les cinq sens aussi le quittent. Alors pourquoi devrions-nous pleurer un corps sans vie ? J’ai pris toutes les dispositions qui s’imposaient au niveau terrestre, Je suis resté à Brindavan et J’ai conduit les Cours d’été avec le sourire. En ce monde, toutes les relations physiques sont notre propre création. D’autre part, qui est relié à qui ? Cette relation ‘mère fils’ existe seulement au niveau physique. La mère est venue, elle a accompli la tâche qui lui était destinée et ensuite s’en est allée. Je dois accomplir Mon devoir. En conséquence, Je me suis engagé dans l’accomplissement de la tâche pour laquelle Je suis venu.
Quand nous observons l’événement de la naissance et de la mort en ce monde, nous pouvons comprendre que le corps est transitoire et éphémère. N’ignorons pas le bien-être du corps, mais ne nous attachons pas au corps outre mesure. La relation entre le mari et la femme se crée seulement après le mariage. La femme arrive au milieu de votre vie, mais la mère est là avec vous, depuis votre naissance. C’est pure folie d’oublier votre mère qui est avec vous depuis votre naissance et de vous plonger complètement dans l’amour de votre femme qui vient au milieu de votre vie.
D’autres relations comme celles de fils, fille, petit-fils, beau-fils, etc., se forment aussi au milieu de notre vie. En fait, toutes les relations terrestres sont temporaires, elles vont et viennent comme les nuages. Vous êtes en relation avec les membres de votre famille tant que vous existez. Qu’en est-il de la relation si vous-même n’êtes pas là ? Ne formez aucune relation fondée sur le corps. Néanmoins, accomplissez avec sérieux tous les devoirs qui vous sont demandés au niveau physique et terrestre. Votre conduite devrait être bonne de même que vos actions.
N’oubliez jamais votre mère, gardez précieusement sa forme dans votre cœur. Nous venons du cœur de notre mère et notre mère devrait toujours être dans notre cœur. Ainsi, notre mère ne nous quitte jamais et nous ne devrions jamais la quitter. La mère et les enfants sont unis à jamais.
Où que vous puissiez vous trouver, votre cœur devrait être saturé de sentiments d’amour pour votre mère. Un jour, Narasimha Murthy vint vers Moi et dit : « Ma mère est morte. » Je lui ai demandé : « Qui est mort, ta mère ou son corps ? » Je lui dis ensuite : « Ta mère est ici. Je suis ta mère (vifs applaudissements). C’est le corps qui meurt. Le corps est comme une bulle d’eau. Les corps viennent et s’en vont. Tu ne devrais donc pas te faire de soucis au sujet de la mort du corps de ta mère. Je suis ici avec toi. Demande-Moi tout ce que tu aurais demandé à ta mère, Je te le donnerai (vifs applaudissements), tu ne devrais pas du tout être triste. » Depuis lors, Narasimha Murthy est avec Moi. Je lui donne tout ce qu’il souhaite. La mère, le père et les autres relations sont temporaires, elles viennent et s’en vont. Mais Dieu ne vient pas et ne s’en va pas. Il est toujours présent. Ainsi, Dieu seul est présent tout le temps (vifs applaudissements).
« Matha nasthi, pitha nasthi, nasthi bandhu sahodara. Artham nasthi, griham nasthi, thasmath jagrata jagrata. »
« Les relations telles que la mère, le père, les frères, les sœurs et les amis ne sont pas réelles. La maison et la richesse sont également illusoires. Prenez garde ! Prenez garde ! »
(Verset sanskrit)
Le monde entier est éphémère et transitoire. Combien de personnes ont pris naissance en ce monde ? Sont-elles toutes ici maintenant ? La mort peut survenir de n’importe quelle manière, on ne peut la prévoir. La mort est la mort. Même si quelques symptômes de mort sont visibles, nous ne devrions pas du tout nous en inquiéter.
Ne manquez jamais de respect envers votre mère. Votre conduite ne doit jamais la faire pleurer. Rendez-la toujours heureuse. Son bonheur ne vous apportera que de bonnes choses dans la vie. Mais nous ne devrions pas nous inquiéter à la mort de nos parents. Récemment, J’ai dit que Ma mère et Mon père M’étaient apparus. Je continue de les voir. Ils sourient en Me voyant. Je souris aussi en les voyant. Nous devrions être heureux quand nos parents sourient. Les petits enfants sourient à tout le monde. Nous aussi nous sourions quand ils sourient. Les parents sont comme des petits enfants. La mère aime toujours ses enfants. Quelle que soit la position élevée que nous occupions dans notre vie, nous ne devrions jamais manquer de respect ni mépriser nos parents.
Vous devriez vous occuper de vos parents et les traiter avec amour et respect. Considérez-les toujours comme Dieu. La mère est Dieu, le père est Dieu. C’est pourquoi il est dit : « Révérez votre mère, votre père, votre précepteur et votre invité comme Dieu. » La mère vous donne le corps. Le père vous fournit les moyens de subsistance pour le corps et des occasions pour progresser. Le précepteur (ācārya) vous transmet l’éducation et Dieu vous donne tout. Vous ne devriez donc jamais les oublier, gardez-les précieusement dans votre cœur.
La mère et le père devraient toujours être présents dans votre cœur. Ne les ignorez pas même si vous êtes face à des difficultés. Celui qui oublie ses parents ne peut dire qu’il est un être humain. Comment existeriez-vous sans vos parents ? Ils sont la graine de votre vie, la source même de votre vie sur terre. Les parents devraient donc occuper une place prépondérante dans votre vie. Aussi âgés soient-ils et aussi difficile que soit votre condition, efforcez-vous de les rendre heureux autant que possible. Vous devriez les nourrir même si pour cela vous devez recourir à la mendicité. Supportez toutes les difficultés pour prendre soin d’eux. Répondez à tous leurs désirs, il en résultera que vos propres désirs seront satisfaits. Tout en ce monde est réaction, reflet et résonance. Personne ne peut y échapper. Si vous causez de la souffrance à vos parents aujourd’hui, vos enfants feront de même demain. Les conséquences de vos actions vous reviendront sans délai. Vous pouvez aimer quelqu’un qui vous est cher, mais n’oubliez pas vos parents. Vos parents ne vous oublieront jamais, vous ne devriez pas non plus les oublier.
C’est pour cette raison que Je suis venu directement ici depuis Bangalore. Les gens pensaient que le ‘Jour d’Easwaramma’ serait peut-être célébré à Kodaikanal. Mais J’ai décidé que Je viendrais à Puttaparthi le 6 mai, qu’une grande cérémonie devrait avoir lieu ici pour des personnes indigentes et que nous devrions les rendre heureuses en leur offrant des vêtements et en leur servant un somptueux repas. Où que Je sois, J’accomplis cette cérémonie de la même grande manière. Nous ne devrions jamais ignorer les personnes indigentes. Nous devrions toujours nous en souvenir et leur venir en aide.
Mais en raison de leur tempérament coléreux, certaines personnes les critiquent et les ridiculisent. C’est une grande erreur. Si vous les ridiculisez maintenant, cela vous reviendra plus tard. Vous pensez peut-être que vous les ridiculisez, mais à vrai dire vous vous ridiculisez vous-même. Ne vous moquez pas d’eux et ne les insultez jamais. Aimez-les toujours. Si vous les insultez devant les autres, vous aussi serez insultés par les autres. Vous ne pouvez échapper à la réaction, au reflet et à la résonance de vos actes.
Les difficultés viennent et s’en vont :
« Même le puissant Rāma dut subir la peine d’être séparé de Sītā, Son épouse, et pleura comme une personne ordinaire. Même les valeureux Pāndava durent vivre dans la forêt en mangeant des feuilles et des tubercules. »
(Chant telugu)
Oh ! quel pouvoir et quel courage avaient les Pāndava ! Ils durent pourtant vivre dans la forêt et en supporter toutes les difficultés. Pourquoi ? Parce qu’ils furent défaits au jeu de dés. Tel sera le destin de tous ceux qui s’engagent dans cette mauvaise voie.
S’adonner aux jeux de hasard n’est pas bon du tout. Boire de l’alcool non plus. La dépendance aux boissons alcoolisées conduit à perdre le contrôle de soi. Sous l’influence de l’alcool on peut dire n’importe quoi. On s’en repentira lorsqu’on retrouvera son état normal. L’avidité et la colère sont aussi des qualités démoniaques. Ne leur permettez jamais de vous approcher. Dans un accès de colère, vous pouvez dire n’importe quoi sans en mesurer les conséquences. Mais, après quelques minutes, quand vous retrouverez votre état normal, vous vous désolerez : « Hélas ! Pourquoi me suis-je laissé aller à cela ? » Tuez donc la colère ! Rāma tua beaucoup de démons et démones à cause de leurs mauvaises qualités d’avidité et de colère. Qui que l’on soit, homme ou femme, si l’on a ces mauvaises qualités en soi, on souffrira. La colère et l’avidité sont très mauvaises pour l’être humain. Aimez Dieu. Adorez-Le et vénérez-Le. Il est votre père, votre mère, Il est tout. Que Dieu soit votre seule relation.
« Tvameva mathacha opitha tvameva. Tvameva bandhuscha sakha tvameva. Tvameva vīdya dravinam tvameva. Tvameva sarvam mama devadeva. »
« Ô Seigneur ! Tu es mon père, ma mère, mon ami et ma relation, ma sagesse et ma richesse. Toi seul es mon tout. »
(Verset sanskrit)
Dieu ne vous quittera jamais. Il est omniprésent. Toutes les personnes qui vous sont chères en ce monde sont comme des nuages, elles viennent et s’en vont. Mais Dieu vient et grandit. Aimez donc Dieu et ayez foi en Lui. Seul celui qui aime Dieu est un être humain véritable.
(Swāmi appelle un garçon venu d’Iran, étudiant à l’école primaire Śrī Sathya Sai, et lui demande de chanter des mantras védiques).
Voyez comme ce garçon venu d’Iran a chanté magnifiquement les mantras védiques ! Il est musulman. Si vous lui demandez son nom, il dira : « Mon nom est Sathya. » Swāmi demande au garçon : « Quel est ton nom ? Quels sont les noms de tes parents ? Tu chantes les mantras à la perfection et tu les apprends tous. Connais-tu le Rigveda ? » Le garçon récita rudram et śrī suktam avec une intonation et une prononciation parfaites sous les applaudissements de l’assemblée.
Tout est contenu dans les Veda. L’essence de toutes les religions, à savoir - l’hindouisme, l’islam et le christianisme - est présente dans les Veda. Les chrétiens chantent aussi la gloire de Dieu de la même manière. Les musulmans prient Dieu de la même manière. Ainsi, Dieu est ‘Un’ pour toutes les religions. Les différences n’existent que dans les noms. Les musulmans offrent leurs prières à Dieu cinq fois par jour. Les hindous aussi prient Dieu le matin et le soir. Nous ne devrions jamais penser que les Veda appartiennent seulement aux hindous. Les Veda appartiennent à tous. Ce qui est un et universel est le Veda. Les Veda peuvent soulager tous les types de souffrances. Il est bon pour tout le monde d’apprendre les Veda. Les fidèles d’Amérique viennent ici et apprennent les Veda. Beaucoup de gens en Russie et en Allemagne chantent aussi les mantras védiques le matin et le soir. Les hindous ne chantent pas chaque jour les mantras védiques, et ils les oublient. Personne ne devrait oublier les Veda. Le Veda et le Vedanta sont comme vos parents. Vous devriez toujours vous les rappeler et ne jamais les oublier. Étudiants ! Quoi que vous puissiez étudier, vous ne devriez jamais oublier Dieu. Alors seulement vous obtiendrez la paix. Les gens disent : « Je veux la paix. » Il ne peut y avoir la paix sans bhajan (chants à
Beaucoup de personnes accomplissent des yajna pour la paix. D’où pouvez-vous obtenir la paix ? La paix est seulement en vous. Elle ne vient pas de l’extérieur. Ce qui vient de l’extérieur n’est que morceaux, morceaux, morceaux de paix ! La paix émane uniquement de notre cœur. Vous devriez faire des bhajan pour obtenir la paix. Seul les bhajan peuvent vous donner la paix véritable.
Traduit du Sanathana Sarathi, la revue officielle mensuelle éditée à Prasanthi Nilayam
Copyright : Sri Sathya Sai Books and Publications Trust, Prasanthi Nilayam, Inde.